Abdou N’gom, visage des oubliés de la migration, nous a quittés – Hommage et appel à la justice.
Le 3 juin 2025, Abdou N’gom, jeune Sénégalais dont le visage avait symbolisé l’horreur des traversées en Méditerranée en 2021, est décédé des suites de ses errances et des blessures invisibles infligées par un système inhumain. Son parcours, marqué par les refoulements, la précarité et l’absence de protection, exige que nous brisions le silence. Cœur d’Ivoire rend hommage à sa mémoire et appelle à l’action.
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1. Le parcours brisé d’Abdou N’gom : survivre, puis disparaître
2021 : La photo qui a ému le monde
En 2021, Abdou devient malgré lui un symbole lorsqu’un photojournaliste capture son regard perdu, recroquevillé sur un canot pneumatique surchargé, entre la Libye et l’Italie. L’image, diffusée mondialement, révèle l’inhumanité des parcours migratoires.
Refoulé au Maroc, la machine à broyer
Après une première tentative avortée, Abdou est refoulé vers le Maroc, où il survit dans des conditions extrêmes :
- Violences policières lors des rafles dans les camps informels.
- Travail au noir dans des exploitations agricoles pour subsister.
La traversée la plus mortelle : les Canaries
En 2023, il tente à nouveau sa chance, cette fois par l’une des routes les plus dangereuses : celle des Canaries.
- 10 jours en mer, sans eau ni nourriture, dans une embarcation de fortune.
- Survivant miraculeusement, il est secouru avec de graves séquelles : douleurs chroniques à la cage thoracique (liées aux coups ou à la position forcée durant la traversée).
La vie dans l’ombre à Malaga
Malgré tout, Abdou s’installe à Malaga (Espagne), où il tente de reconstruire sa vie :
- Travail illégal dans le bâtiment, sous-payé et exposé aux accidents.
- Aucun accès aux soins pour ses blessures, faute de papiers.
- Isolement : comme des milliers d’autres, il vit caché, sans droits ni recours.
« J’ai cru que l’Europe me protégerait. Mais ici, je n’existe pas. »(Témoignage recueilli par un bénévole en 2024)
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2. Pourquoi son histoire est-elle systémique ?
Abdou n’est pas une exception. Son calvaire illustre :
- L’échec des accords UE-Maroc : Les refoulements exposent les migrants à la violence et les poussent vers des routes plus dangereuses.
- L’hypocrisie des régularisations : Sans papiers, les survivants tombent dans l’exploitation économique.
- L’abandon sanitaire : Les blessures physiques et psychiques des exilés ne sont jamais soignées.
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3. En sa mémoire, exigeons un changement !
Battons nous pour:
✅ Documenter ces parcours via un observatoire des décès en migration.
✅ Porter plainte contre les refoulements illégaux avec des partenaires juridiques.
✅ Lancer une cagnotte pour soutenir sa famille et financer une stèle en son nom.
Comment agir ?
- Signez notre pétition pour l’ouverture de corridors humanitaires.
- Partagez cet article : brisons l’indifférence médiatique.
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Chiffres-clés (à intégrer en encadré)
> ◻ 27 000 morts en Méditerranée depuis 2014 (Source : OIM)
> ◻ 60% des migrants
en Espagne travaillent sans papiers (CC.OO Andalucia)
> ◻ 1 réfugié sur 2 souffre de séquelles physiques graves (MSF)
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Pour aller plus loin :
- [Reportage] "La route des Canaries, cimetière invisible"
- (BBC, 2024)
- [Témoignage] "Abdou, tu n’étais pas qu’une photo" (Blog de son ami Mamadou S.)